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jeudi 2 octobre 2014

[Rentrée littéraire 2014] : Le poison d'amour, Eric-Emmanuel Schmitt



Présentation :
Quatre adolescentes de seize ans liées par un pacte d’amitié éternelle tiennent le journal de leur impatience, de leurs désirs, de leurs conquêtes et de leurs rêves. Comment éviter les désastres affectifs dont les couples parentaux donnent l’image quotidienne ? Hier encore des enfants, les voilà prises au piège de cette émotion bouleversante, l’amour, prêtes à entrer dans ce domaine mystérieux, cette folie qui peut les transformer en monstres.
Tandis qu’au lycée, on s’apprête à jouer Roméo et Juliette, imprévisible et fatal, un drame se prépare…

« Si tu ne m’aimes plus, c’est que tu ne m’as jamais aimé »

Mon avis :
Après L'elixir d'amour, Eric-Emmanuel Schmitt, auteur infatigable, revient avec ce second volet de la diptyque sur la passion. Quatre adolescentes : Julia, Colombe, Raphaëlle et Anouchka. Quatre lycéennes qui se considèrent comme meilleures amies.
Elles entrent en première et  la question de l'amour, des relations amoureuses arrive au centre de leur préocupation, surtout à partir du moment où Julia avoue, timidement, à ses amies qu'elle "l'a fait" pendant l'été.
Tour à tour on suit leurs histoires via leurs journaux intimes. Amies, elles ne répugnent pas pour autant à se critiquer copieusement dans leurs écrits : attitude plutôt ordinaire pour des adolescentes qui se cherchent et qui ne peuvent s'empêcher de se comparer les unes aux autres.
Elles découvrent l'amour, se posent des questions sur la sincérité de ce sentiment mais aussi sur sa durée à l'heure où l'on entend et lit partout qu'un couple a nécessairement une durée de vie limitée. En trame, la préparation et la représentation de la pièce de théâtre Roméo et Juliette.

C'est un livre qui, encore une fois, se dévore. On sait que l'adolescence est une période difficile : on se découvre, on se cherche, on se construit, on apprend, parfois à nos dépens. On se fie aux personnes autour de nous pour se créer des modèles. Eric-Emmanuel Schmitt peint ce portrait à la perfection. La quatrième de couverture nous prépare à une fin qui se ponctue par un drame : on le devine progressivement, par des remarques, des petites phrases qui finissent par prendre tout leur sens dans les dernières lignes.

Un petit bémol :lL'écriture ne correspond pas du tout à celle que pourraient avoir des adolescentes.  Néanmoins, je pense que j'aurais moins aimé ce livre si tel avait été le cas. L'écriture d'Eric-Emmanuel Schmitt est fluide et quelque peu hypnotique.

Publié aux éditions Albin Michel.
Disponible en librairie dès aujourd'hui. 









samedi 20 septembre 2014

[Rentrée littéraire 2014] Dire, ne pas dire : Académie française





Dire, ne pas dire

 Présentation de l'éditeur :
Dit-on de concert ou de conserve ? Elle a l’air malin ou elle a l’air maligne ? D’ailleurs ou par ailleurs ? Par contre ou en revanche ? Courbatu ou courbaturé ? Débuter ou démarrer ? Tout à coup ou tout d’un coup ? À l’attention de ou à l’intention de ? Mél ou courriel ? Ce qui reste ou ce qu’il reste ? Coupe claire ou coupe sombre ? Sabler ou sabrer le champagne ?
Lancé en octobre 2011, le site Dire, ne pas dire de l’Académie française connaît un succès croissant. Aux questions les plus variées des internautes sur des difficultés de langue, les académiciens et les linguistes du quai Conti apportent des réponses claires et argumentées, notamment par rapport aux emplois fautifs, aux abus de sens, aux néologismes ou aux anglicismes. Les multiples interrogations sur l’omniprésence d’un vocabulaire technologique ou à l’irruption de mots étrangers véhiculés par les médias et la mondialisation, trouvent ici des réponses passionnantes. Car l’Académie française, loin d’être un gendarme de la langue, est autant attentive à la nécessité d’enrichissement de la langue française qu’à la lutte contre l’appauvrissement du vocabulaire.

Ce livre reprend une sélection de plus de 200 entrées, effectuée par Dominique Fernandez et Yves Pouliquen, deux académiciens membres de la commission du dictionnaire, qui ont aussi rédigé un texte introductif. 

En se confrontant à des questions d’usage pratique de la langue, de cas concrets et quotidiens, en n’éludant aucune difficulté, ce travail constitue un vif hommage à l’intelligence et aux subtilités de la langue française.

Mon avis :
J'ai trouvé un nouveau livre qui trônera à côté de mes livres de grammaire. On le sait, on s'en rend compte tous les jours (ou presque), notre langue est plutôt compliquée : accords particuliers, orthographe étrange, expressions plus ou moins déformées. Ce petit livre vert reprend des interrogations que nous sommes amenées à nous poser : dit-on "à l'attention de" ou "à l'intention de" ? Quels sont les emplois corrects des verbes "s'ensuivre" et "maturer" ? Est-on "omnibulé" ou "obnubilé" ? 

Bon, d'accord, ce n'est pas toujours agréable de voir que l'on se trompe depuis quelques années sur l'utilisation de tel ou tel mot, ou sur l'orthographe d'un autre, mais je pense que c'est toujours mieux de le savoir que de rester dans l'erreur. Allez, je vous en avoue une : je me trompe depuis longtemps sur l'utilisation de la locution " au niveau de" qui signifie " à la hauteur de" et non pas "en ce qui concerne". Par contre, quel plaisir de voir une expression que je déteste "au jour d'aujourd'hui" très souvent utilisée, même par les journalistes, enfin qualifiée d'incorrect, ou encore de lire quelques mots au sujet de cette faute trop souvent faite (par mes élèves notamment) : "ils croivent".

Rassurez-vous, ce n'est pas un livre barbant écrit par des prétentieux mais un livre agréable à lire, instructif et parfois surprenant ! On nous y explique clairement les usages ainsi que l'évolution des mots ou locutions. A chaque fois (ou presque), les auteurs nous font une petite liste d'exemples de choses à dire et de choses à ne pas dire. Ils reviennent aussi sur quelques anglicismes, nous proposant aussi des mots français (comme "accueillant" ou "amical" au lieu de "friendly"). Un nouveau livre incontournable pour moi.

PS : Dire, ne pas dire est aussi un site qui a été créé en 2001.

vendredi 12 septembre 2014

[Rentrée littéraire 2014] Pétronille, Amélie Nothomb

Pétronille
 

Quatrième de couverture :
« Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

L'histoire et mon avis : 
Boire du champagne, c'est bien, à condition de ne pas le boire seule. Amélie Nothomb se met en scène dans ce livre. Elle  cherche une ou un compagnon de beuverie, sachant boire en quantité suffisante et n'ayant pas l'alcool mauvais ou triste. C'est parmi ses lecteurs qu'elle va trouver cette compagne idéale : Pétronille Fanto, lectrice qu'elle rencontre lors d'une séance de dédicace et avec laquelle elle avait déjà eu l'occasion de correspondre.
Pétronille est une jeune fille aux allures de garçon. Elle étudie la littérature élisabéthaine, et devient rapidement un sujet de curiosité pour le lecteur. Elle se moque bien des conventions, elle est surprenante et a un petit grain de folie plutôt rafraichissant. Elle finira par être publiée à son tour, et pour le plus grand plaisir d'Amélie qui lui trouve beaucoup de talent. Elle pourrait être heureuse, Pétronille, mais quelque chose semble lui manquer. Elle aime le danger et les situations à risque, ce qui causera bien des frayeurs à notre auteure.
 
Ancienne lectrice assidue d'Amélie Nothomb, je m'en suis réellement lassée à la sortie du Fait du prince. Alors que je craignais m'ennuyer une nouvelle fois en lisant le début de Pétronille (encore ces histoires de champagne et son apologie ..., pensais-je), j'ai finalement beaucoup apprécié et ne regrette absolument pas ma lecture. C'est avant tout l'histoire d'une rencontre puis d'une amitié complexe. Le livre est drôle, truffé d'autodérision ou de situations cocasses (comme la cérémonie des matelas pendant leur séjour au ski, ou encore la rencontre avec Vivienne Westwood et son chien ....).

C'est un roman qui se lit rapidement, à cause du nombre de page c'est vrai, mais aussi parce que l'histoire est vraiment plaisante à lire, et qu'on n'a pas envie de le lâcher. Je vous le recommande !

samedi 30 août 2014

[Rentrée littéraire 2014] La belle de l'étoile, Nadia Galy

La Belle de l'étoile 

Présentation : Après la mort de l’homme qu’elle aimait, une femme choisit de s’exiler à Saint-Pierre-et-Miquelon, île battue par les vents, espace sans frontière. Ce sera son refuge pour relire la correspondance de son amant, qu’elle se fait expédier de Paris, et y répondre, comme s’il était encore vivant.
Comment survivre à la perte ? Défier l’inéluctable ? Mêlant le rire et l’effroi, le style singulier de Nadia Galy, l’auteur d’Alger, lavoir galant et du Cimetière de Saint-Eugène, sublime la violence de cette expérience dans un récit plein de grâce et de poésie. Roman sur le deuil et l’amour, La belle de l’étoile raconte avant tout la renaissance d’une femme, magnifique personnage habité par la force et l’énergie salvatrice des mots.

Mon avis :
Notre narratrice n'a plus vraiment goût à la vie. Elle décide de partir s'exiler loin de tout et devient contrôleur aérien. Elle se fait envoyer la correspondance de l'homme qu'elle a aimé Sorj - son amant - et qui s'est suicidé : elle n'avait jamais pris le temps d'y répondre. On peut suivre en parallèle la description de Saint-Pierre-et-Miquelon, ce lieu qui aidera notre personnage a retrouver un sens à la vie.
J'ai été plus intéressée par l'histoire une fois un bon tiers du livre passé. Avant, je pense que j'étais gênée par le fait que je ne comprenais pas les réactions de cette femme, j'ai donc eu naturellement du mal à m'identifier à elle. Il n'y a pas vraiment de suspens, mais l'écriture est plutôt originale et j'ai aimé lire un style différent. Ce n'est toutefois pas un livre mémorable pour moi et je laisserai de côté les autres livres de cette auteure.

C'est évidemment un avis personnel. Ce livre a, par exemple, reçu une chronique très élogieuse du journal Le Monde.

vendredi 22 août 2014

[Rentrée littéraire 2014 : sorties #14] : les 27 et 28 août

Suite et fin des sorties prévues ces 27 et 28 août pour la rentrée littéraire que je vous propose de découvrir ...

Au programme cinq livres, dont un premier roman :

1. Joseph, Marie-Hélène Lafon, Buchet/Chastel
2. Une vie d'emprunt, Boris Fishman, Buchet/Chastel : 1er roman
3. L'été des noyés, John Burnside, Métailié
4. Hérétiques, Léonardo Padura, Métailié
5. La chute des princes, Robert Goolrick, Anne Carrière

1. Joseph, Marie-Hélène Lafon, Buchet/Chastel

Joseph -  

Joseph est ouvrier agricole dans une ferme du Cantal. Il a bientôt soixante ans. Il connaît les fermes de son pays, et leurs histoires. Il est doux, silencieux. Il a aimé Sylvie, un été, il avait trente ans. Elle n’était pas d’ici et avait beaucoup souffert, avec et par les hommes. Elle pensait se consoler avec lui, mais Joseph a payé pour tous. Sylvie est partie au milieu de l’hiver avec un autre. Joseph s’est mis à boire, comme on tombe dans un trou.
Joseph a un frère, marié, plus beau et entreprenant, qui est allé faire sa vie ailleurs et qui, à la mort du père, a emmené la mère vivre dans sa maison. Joseph reste seul et finira seul. Il est un témoin, un voyeur de la vie des autres.
Joseph est le nouvel opus de Marie-Hélène Lafon. Roman émouvant, traversé en profondeur par une rivière souterraine qui a prénom de femme et de servante : Félicité. Avec talent et humour, Marie-Hélène Lafon rend ici un magnifique hommage à son cher Flaubert...

L'auteur : Marie-Hélène Lafon est professeur de lettres classiques à Paris. Tous ses romans sont publiés chez Buchet/Chastel.

2. Une vie d'emprunt, Boris Fishman, Buchet/Chastel
1er roman !

Une vie d’emprunt
 -  

Slava, jeune Juif russe de New York, est un modèle d’intégration. Fuyant sa communauté, sa langue maternelle et le poids du destin familial, il s’est installé à Manhattan où, à défaut de réaliser ses rêves d’écrivain, il a dégoté un poste de larbin pour la prestigieuse revue Century avec, en prime, une petite amie américaine branchée et sexy. Mais la mort de sa grand-mère le ramène brutalement parmi les siens, à Brooklyn, et plus précisément chez son grand-père. Le vieux Guelman a souffert dans la vie parce qu’il était juif, parce qu’il était citoyen de seconde zone en Union soviétique, puis immigré russe en proie au mépris d’une Amérique triomphante – et voudrait bien, aujourd’hui, obtenir réparation. Mais il n’est éligible à aucun programme d’indemnisation. Qu’à cela ne tienne, Slava est écrivain, il sait raconter des histoires…
Une vie d’emprunt est un texte poignant et drôle sur l’identité, l’immigration, les aléas de la morale, mais aussi et surtout un saisissant portrait de ces communautés marquées au fer rouge par l’histoire du xxe siècle et passées sans transition d’une société soviétique à l’american way of life. 

L'auteur : Boris Fishman naît à Minsk en 1979 et émigre aux États-Unis en 1988. C’est un journaliste remarqué et reconnu, dont Une vie d’emprunt est le premier roman.


 3. L'été des noyés, John Burnside, Métailié

Eté-des-noyés-HD 

Dans une île du nord de la Norvège, un endroit désert, magnifique et spectral où l’été est miraculeusement doux et radieux, Liv vit avec sa mère, un peintre qui s’est retiré là en pleine gloire pour mieux travailler. Son seul ami est un vieil homme qui lui raconte des histoires de trolls, de sirènes et de la huldra, une créature surnaturelle qui apparaît sous les traits d’une femme à l’irrésistible beauté, pour séduire les jeunes gens et les conduire à affronter les dangers et la mort. Noyades inexplicables et disparitions énigmatiques se succèdent au cours des nuits blanches de cet été arctique qui donne aux choses un contour irréel, fantasmagorique. Incapable de sortir de l’adolescence et de vivre dans le monde réel, Liv erre dans ce paysage halluciné et se laisse dangereusement absorber dans la contemplation des mystères qu’il recèle. Voici un livre d’une intense poésie. Lyrique. Féérique. Dérangeant. Comme souvent chez Burnside, on est à la limite – difficile à appréhender – entre ce qu’on sait et ce qu’on rêve. On est aussi dans un grand thriller.

L'auteur : John Burnside est né le 19 mars 1955 dans le Fife, en Écosse, où il vit actuellement. Il a étudié au collège des Arts et Technologies de Cambridge. Membre honoraire de l’Université de Dundee, il enseigne aujourd’hui la littérature à l’université de Saint Andrews. Poète reconnu, il a reçu en 2000 le prix Whitbread de poésie. Il est l’auteur des romans La Maison muette, Une vie nulle part, Les Empreintes du diable et d'un récit autobiographique, Un mensonge sur mon père.
John Burnside est lauréat de The Petrarca Awards 2011, l'un des plus prestigieux prix littéraire en Allemagne.

 4. Hérétiques, Léonardo Padura, Métailié

Hérétiques

Lancé sur la piste d’un mystérieux tableau de Rembrandt, disparu dans le port de La Havane en 1939 et retrouvé comme par magie des décennies plus tard dans une vente aux enchères à Londres, Mario Conde, ex-policier reconverti dans le commerce de livres anciens, nous entraîne dans une enquête trépidante qui tutoie souvent la grande histoire. On y fréquente les juifs de la capitale cubaine, dans les années prérévolutionnaires, tiraillés entre le respect des traditions et les charmes d’un mode de vie plus tropical ; des adolescents tourmentés d’aujourd’hui, dont les piercings et scarifications semblent crier au vu et au su de tous leur rejet de l’Homme Nouveau et des carcans faussement révolutionnaires ; mais aussi les copains du Conde, chaleureux et bienveillants, toujours prêts à trinquer à la moindre occasion avec une bonne bouteille de rhum. On y fait même un détour par Amsterdam, en plein xviie siècle, à l’heure des excommunications religieuses et des audaces picturales, en compagnie d’un jeune juif qui décide d’apprendre l’art de la peinture, contre toutes les lois de sa religion. Dans ce livre puissant et profond, Leonardo Padura rend un vibrant hommage au libre arbitre et à tous les “hérétiques” qui osent s’opposer aux dictats de leur temps ou de leur communauté. Et qui mieux que Mario Conde, plus vivant que jamais sous ses airs désabusés, pouvait nous guider parmi ces amoureux de la liberté ?

L'auteur : Leonardo Padura est né à La Havane en 1955. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et auteur de scénari pour le cinéma.
Il a obtenu le Prix Café Gijón en 1997, le Prix Hammett en1998 et 1999 ainsi que le Prix des Amériques Insulaires en 2002.
Il est l’auteur entre autres d’une tétralogie intitulée Les Quatre Saisons qui est publiée à Cuba, au Mexique, en Espagne, Allemagne, Italie, Portugal, Brésil, Royaume-Uni, Etats-Unis, Pays-Bas, Corée, et Danemark
Passé parfait a reçu le Prix des Amériques Insulaires 2002.
Electre à La Havane a reçu les Prix Café Gijón 1997 et Prix Hammett 1998.
L’Automne à Cuba a reçu le Prix Hammett 1999
Les Brumes du passé a reçu le Prix Brigada 21 du meilleur roman noir 2006.

5. La chute des princes, Robert Goolrick, Anne Carrière


New York, années 1980. Robert Goolrick nous invite au bal des vanités, où une bande de jeunes hommes vont vendre leur âme au dollar et se consumer dans une ronde effrénée, sublime et macabre. Ils ont signé pour le frisson, une place sur le manège le plus enivrant que la vie ait à leur offrir.
Et ces princes vont jouer toute la partie : les fêtes, les drogues, l’alcool, les corps parfaits des deux sexes, les pique-niques dans la vaisselle de luxe, les costumes sur mesure taillés par des Anglais dans des tissus italiens, les Cadillac, le sexe encore et toujours, les suites à Las Vegas, des morts que l’on laisse en chemin mais pour lesquels il n’est pas besoin de s’attarder parce qu’on va les retrouver vite. Vite, toujours plus vite, c’est la seule règle de ce jeu. Aller suffisamment vite pour ne pas se laisser rattraper. Parce que les princes sont poursuivis par de terrifiants monstres : le sida, les overdoses, le regard chargé de honte de leurs parents, le dégoût croissant de soi-même, un amour s’excusant de n’avoir sauvé personne.

Avec La Chute des princes, Robert Goolrick a écrit l’un des plus grands romans sur l’Amérique et l’argent depuis Gatsby le Magnifique. Dans l’incandescence, l’indécence, la décadence et la chute, il a trouvé la beauté. On peut faire confiance à Robert Goolrick pour toujours trouver la beauté des choses. C’est même la définition de son style. 

L'auteur : Robert Goolrick vit dans une petite ville Virginie avec ses deux chiens Preacher et Judge.
Son roman Une femme simple et honnête, N°1 sur la liste du New York Times, fera prochainement l'objet d'une adaptation cinématographique confiée au réalisateur David Yates.
Féroces a reçu en france un accueil prodigieux de la part des critiques, des libraires et des lecteurs.
Son nouveau roman, Arrive un vagabond, est déjà retenu dans les sélections de rentrée littéraire de la Fnac, du Virgin, des Furets du Nord et de Cultura. 
 
 

dimanche 17 août 2014

[Rentrée littéraire 2014 : sorties #13] : les 27 et 28 août

Suite des sorties à découvrir pour cette rentrée littéraire, les 27 et 28 août, uniquement chez Grasset :

1. Un jeune homme prometteur, Gautier Battistella, Grasset : 1er roman
2. La langue des oiseaux, Claudia Hunzinger, Grasset
3. Les barrages de sable, Jean-Yves Jouannais, Grasset
4. Le manteau de Greta Garbo, Nelly Kaprielian, Grasset : 1er roman
5. La femme qui dit non, Gilles Martin-Chauffier, Grasset
6. Comment s'en mettre plein les poches en Asie, Mohsin Hamid, Grasset



1. Un jeune homme prometteur, Gautier Battistella, Grasset
1er roman

Un jeune homme prometteur par Battistella


« J’ai découvert l’existence du mal un samedi matin. Je m’en souviens, il n’y avait pas école. »

Tout commence à Labat, petit village des Pyrénées. Orphelin rêveur et blessé par un premier amour déçu, le narrateur quitte son frère et leur enfance buissonnière pour monter à l’assaut de la capitale. Que cherche ce Rastignac en herbe démangé par la vocation romanesque ? Une mère inconnue, la liberté, une revanche, la gloire peut-être. Mais au lieu du noble parnasse littéraire dont il avait rêvé, il découvre un univers de faux-semblants : celui des grands imposteurs du monde des lettres. Bien décidé à s’en débarrasser, le voici embarqué dans une quête dangereuse qui l’entraînera au-delà de lui-même, au bout du monde et au bord de la folie.

Un premier roman d’une ambition peu commune, tour à tour émouvant, sarcastique et cruel, porté par une écriture dont le souffle évoque les grandes fresques initiatiques.

L'auteur : Gautier Battistella est né à Toulouse en 1976 et vit aujourd’hui à Paris. Un jeune homme prometteur est son premier roman.

2. La langue des oiseaux, Claudia Hunzinger, Grasset


« La nuit où j’ai rencontré Kat-Epadô, j’étais seule dans une baraque isolée, porte fermée à double tour. Autour de moi, la tempête. À perte de vue, des forêts. »
 ZsaZsa, une romancière, quitte Paris pour aller dans les montagnes étudier la langue des oiseaux. Elle n’imaginait pas que le soir même, allumant l’écran, elle allait rencontrer une étrange Japonaise dont l’écriture la fascine aussitôt par son charme maladroit. Un jour, celle-ci débarque. Elle a peur. Pourquoi ces deux jeunes femmes vont-elles fuir ensemble à travers les forêts ? De nuit ? Qu’est-ce qui les lie ? Qui les poursuit ?

L'auteur : Claudie Hunzinger vit en montagne. Elle est artiste et écrivain. Elle a fabriqué des livres en foin, écrit des pages d’herbe, édifié des bibliothèques en cendres ; elle a publié chez Grasset deux romans, Elles vivaient d'espoir (2010) et La survivance (2012).

3. Les barrages de sable, Jean-Yves Jouannais, Grasset

 

« Je savais aujourd’hui que les barrages contre les océans, les forts de résistance, les murs d’Hadrien en sable, les lignes Maginot de coquillages, ces discrets autels de l’enfance dédiés à la bataille, demeuraient, le plus innocemment du monde, ce que l’on avait trouvé de plus juste pour rappeler la mémoire des hommes perdus à la guerre, non pas seulement au sens statistique des pertes, mais au sens d’égarés. Les égarés, les combattus. Et que cela concernait, plus largement, l’ensemble des hommes qui nous avaient précédés, les pères, évidemment, en premier lieu. »

L'auteur : Critique d’art, Jean-Yves Jouannais, né en 1964, est aussi l’auteur d’essais, notamment L’idiotie (Beaux-Arts livres) et plus récemment L’usage des ruines (Verticales). 
4. Le manteau de Greta Garbo, Nelly Kaprielian, Grasset
1er roman 


En décembre 2012, la garde-robe de l’icône la plus secrète de l’histoire du cinéma a été exposée durant trois jours, puis vendue aux enchères à Los Angeles. Huit cents pièces. Les vêtements d’une femme peuvent-ils raconter une vie, éclairer ses mystères ? Pourquoi Greta Garbo achetait-elle des centaines de robes alors qu’elle n’en portait aucune, ne se sentant bien que dans des tenues masculines ? S’habille-t-on pour se travestir et se mettre en scène dans un rôle rêvé ? Pour donner une image de soi acceptable ou démentir une place assignée ? Pour séduire ou pour déplaire ? Se fondre dans une société ou s’y opposer ? Quels désirs secrets et enfouis, quelles pulsions obscures et inavouables, fondent-ils notre goût, notre style ?
Et moi-même, pourquoi avais-je acheté, lors de cette vente, le manteau rouge de Greta Garbo, alors qu’il n’était pas mon genre ?
Ce qui devait être un essai s’est peu à peu mué en roman : les vêtements racontent ces fictions que sont nos identités, et donnent à lire les narrations, souvent mystérieuses, que sont nos vies.

L'auteur : Nelly Kaprièlian dirige les pages littéraires des Inrockuptibles, de Vogue, et participe au Masque et la Plume sur France Inter. Le manteau de Greta Garbo est son premier roman.

5. La femme qui dit non, Gilles Martin-Chauffier, Grasset


Une femme hors du commun - inspirée par la grand-mère de l’auteur - se remémore et nous raconte son incroyable existence.
1938. Alors que le destin de l’Europe s’apprête à basculer à Munich, un voilier anglais accoste sur l’Ile-aux-Moines. A son bord, Charles Evans et sa fille Marge. La jeune fille anglaise rencontre là deux jeunes Bretons, Blaise de Méaban et son meilleur ami Mathias. Elle épouse Blaise et, se croyant enceinte, ne peut l’accompagner à Londres lorsqu’il s’embarque pour répondre à l’Appel du Général de Gaulle. Esseulée, elle fait alors de Mathias son amant - et le véritable père de son fils. Ce trop lourd secret de famille et les guerres feront le reste…
De la débâcle 1940 à l’épuration en passant par la déportation, de la guerre d’Indochine aux Jeux olympiques de 1964 en passant par la guerre d’Algérie, ce trio amoureux traverse un quart de siècle où la petite histoire se mêle à la grande. On y lit la lâcheté et l’opportunisme des hommes, mais aussi leur grandeur. Marge, joueuse et intrépide, délurée, tolérante et libre, raconte leurs choix et leurs trahisons, leurs défaites et leurs victoires, leurs joies et leurs amertumes. Elle aura fait de sa vie une fête galante et incarné une certaine idée de la France. Marge, à la marge des conventions ; Marge, au centre de tous ces destins.

L'auteur : Rédacteur en chef de Paris Match et romancier, Gilles Martin-Chauffier a publié chez Grasset Une Affaire embarrassante (1995, prix Freustié), Les Corrompus (1998, prix Interallié), Silence, on ment (2003, prix Renaudot des lycéens) et Paris en temps de paix (2011).

6. Comment s'en mettre plein les poches en Asie mutante, Mohsin Hamid, Grasset

Comment s'en mettre plein les poches en Asie ...


Lecteur, lectrice : tu viens d’acquérir le nouveau roman de Mohsin Hamid. Grand bien t’en a pris. Car celui-ci va te permettre de découvrir comment t’en mettre plein les poches en Asie mutante, comme le héros de cette édifiante et rocambolesque épopée : né dans la plus insigne pauvreté, au cœur de la campagne d’un pays anonyme du continent indien, il va monter à la ville, parfaire son éducation, rencontrer l’amour, flirter avec la tentation politique, puis faire fortune par le plus inattendu des moyens. Ce sont, en une poignée de pages, quatre-vingts années d’une vie d’homme que tu tiens entre tes mains – « un homme fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui » à l’heure de la mondialisation galopante. Et si cette fable contemporaine et universelle te fait verser quelques larmes, ne t’en fais pas, car celles-ci jailliront avant tout du plaisir et de l’émotion que tu t’apprêtes à éprouver en lisant ce petit joyau de littérature.


L'auteur : Mohsin Hamid est né en 1971 à Lahore, au Pakistan, et a vécu à Londres, à New York et en Californie. Ses deux premiers romans, Partir en fumée (prix Betty Trask et finaliste du prix PEN/Hemingway en 2000) et L’intégriste malgré lui (finaliste du Man Booker Prize en 2007, adapté au cinéma par Mira Nair), se sont vendus à plus d’un million d’exemplaires dans le monde et ont été traduits dans plus d’une trentaine de langues. De nouveau établi à Lahore depuis quelques années, il contribue régulièrement au New York Times, au Guardian, au New Yorker ou encore à la revue Granta. Salué par une presse unanime aux États-Unis et en Angleterre et en cours de traduction dans le monde entier, Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutante, son troisième roman, fera prochainement l’objet d’une adaptation au cinéma par Guillermo Arriaga, le scénariste d’Amours chiennes, Babel et 21 grammes.

jeudi 7 août 2014

[Rentrée littéraire 2014 : sorties #12] : les 27 et 28 août

On poursuit les sorties des 27 et 28 août ...


1. L'ordinateur du paradis, Benoit Duteurtre, Gallimard
2. Mon âge, Fabienne Jacob, Gallimard
3. Marina Bellezza, Silvia Avallone, Liana Levi 
4. Toute la terre qui nous possède, Rick Bass, C. Bourgois
5. F, Luis Seabra, Rivages
6. La chimie des trajectoires, Laurent Quintreau, Rivages

1. L'ordinateur du paradis, Benoit Duteurtre, Gallimard

 

Arrivé aux portes du paradis, un nouvel élu, fraîchement décédé, découvre les normes d'hygiène et de sécurité désormais fixées pour la vie éternelle.
Au même moment, sur terre, un projet de pénalisation des images pornographiques perturbe la tranquillité de Simon Laroche, haut fonctionnaire bon teint qui redoute de se voir démasqué pour ses escapades sur Internet. Pourtant, c'est une simple phrase, filmée à son insu, qui va le précipiter dans un engrenage cauchemardesque.
Dans cette société à peine imaginaire où les réseaux se dérèglent, où les informations des uns arrivent sur les ordinateurs des autres, où les femmes et les hommes guerroient sans relâche, deux jeunes banlieusards opposent une résistance dérisoire à l'ordre établi. L'intrigue nourrie par toutes les peurs de l'époque alterne avec les interventions débonnaires du Grand Saint Pierre.
Après La petite fille et la cigarette, traduit dans de nombreux pays, Benoît Duteurtre renoue avec une veine fantaisiste, où le réalisme se mêle à l'imagination pour mieux éclairer notre présent.  

2. Mon âge, Fabienne Jacob, Gallimard


«Quand on entre dans un rêve, un cinéma, un hypermarché, une forêt ou un autre corps, on n'a plus d'âge.»

Au commencement, il y a une femme qui se démaquille devant son miroir. Quel âge a-t-elle? Tous les âges et aucun. L'âge de ses expériences. Celles qui font descendre au plus profond de soi, plonger dans la matière rugueuse d'une écorce d'arbre auquel on s'enroule, dans le noir bruissant d'une penderie de maîtresse d'école ou dans une piscine de maison de repos. Que ce soit au fond des cinémas tendus de rouge ou au fond des lits tièdes, le temps n'est pas ce que l'on croit. C'est un tournoiement qui rend toute séduction et tout jugement caducs. Jusqu'à la seule question qui vaille vraiment : celle du temps intérieur. Le seul qui ne passe pas.
Fabienne Jacob renoue ici avec l'écriture du corps et des sensations. 

3. Marina Bellezza, Silvia Avallone, Liana Levi

Marina Bellezza 

L’avenir est à réinventer dans cette vallée coincée entre des montagnes de granit. Une départementale bordée par les carcasses des filatures abandonnées mène à des villages silencieux, un no man’s land aux confins de l’Italie. Pour Marina, vingt-deux ans, un corps et une voix de déesse, le futur se joue résolument ailleurs. Sur les plateaux de télé qui métamorphosent les starlettes de province en divas. Pour Andrea, fils d’une famille de notables, l’Eldorado est à portée de main. Dans la ferme d’alpage de son grand-père. Mais les rêves de ces deux héros contemporains se cognent à l’amour impossible qui les unit depuis l’adolescence.
Silvia Avallone se montre une fois encore incroyablement douée pour cerner les failles de notre époque et les doutes de sa génération. Avec une profonde empathie pour ses personnages, elle compose un deuxième roman fougueux autour des thèmes de l’enracinement et de l’abandon.

L'auteur : Silvia Avallone est née en 1984. Originaire de Biella, dans ces Alpes piémontaises auxquelles elle rend ici hommage, elle vit aujourd’hui à Bologne. En 2010, D’acier, son premier roman, la propulse au premier plan de la scène littéraire italienne et internationale avant d’être adapté au cinéma. En France, il remporte le Prix des lecteurs de L’Express 2011 et le magazine Lire le distingue dans la catégorie «Meilleur premier roman étranger».

4. Toute la terre qui nous possède, Rick Bass, C. Bourgois



Les hommes aiment à raconter l’histoire de la terre qu’ils foulent, de même que la terre préserve la trace de leur passage, accumulant ces traces que fouleront d’autres hommes et d’autres femmes dont le destin sera ainsi transformé. C’est ce dont Rick Bass s’efforce de rendre compte dans Toute la terre qui nous possède. Ce roman se présente comme la terre, en strates superposées d’histoires et d’époques : 1966 - Odessa, Ouest Texas. Richard, jeune géologue, supervise les puits pétrolifères en exploitation dans la région et parcourt le désert et la barrière rocheuse avoisinante en compagnie de Clarissa, à la recherche de fossiles et d’ossements que Clarissa vend au musée d’Austin ou au vieux de chasseur de trésors Herbert Mix. 1933 - Une génération plus tôt, la famille Omo habite sur la rive du lac salé Juan Cordona. Max, le père, et les deux fils récoltent le sel. La famille mène une existence de labeur et de souffrance, sans eau potable, sous la menace des dunes changeantes qui ensevelissent régulièrement leur maison. Une nuit où Mary, la mère, ne dort pas, elle voit un éléphant traverser le lac salé. Le lendemain, c’est toute la troupe d’un cirque itinérant qui arrive à la poursuite de l’animal. 1967-1975 Mexique - Pour oublier son histoire avec Clarissa, Richard est parti travailler au Mexique. Là, il côtoie des hommes abîmés, qui rongent la terre et que la terre ronge. Des hommes qui dévastent, chassent la nuit, dans des avions, les bêtes sauvages, se saoulent et meurent à petit feu. 1976 - Richard revient à Odessa. Son chemin croise de nouveau celui de Herbert Mix qui, lui-même, a croisé celui de Mary Omo, qui a quitté les rives du lac salé. Deux nouveaux personnages apparaissent au cours de cette époque : Ruth, jeune institutrice, qui crée sa propre école, et Annie, la petite fille adoptée par Mary. Toute la terre qui nous possède est un roman foisonnant de vie, de vies et d’histoires de ces vies. On y fait successivement la rencontre d’une beauté locale à la peau d’une pâleur surnaturelle, d’un chercheur de trésor unijambiste, d’un éléphant poursuivi par une meute de chiens, de joueurs de football locaux qui traînent des chariots, de chariots qui jonchent le désert, d’un désert qui mène droit à un lac salé gardé par des sentinelles squelettiques et de statues de sel qui pivotent dans le vent…

 L'auteur : Né en 1958, Rick Bass a grandi à Houston, Texas, avant de faire des études de biologie et de géologie à l’université de l’Utah. Il travaille pendant plusieurs années dans le Mississippi comme géologue spécialisé dans les gisements de pétrole et de gaz, ainsi qu’en témoigne son livre, Oil Notes. Rick Bass dit avoir appris à écrire en lisant les romans de Jim Harrison, Eudora Welty et Thomas McGuane. Il a bénéficié de bourses d’écriture de la part de différentes structures, dont la Fondation Guggenheim et la Fondation Lyndhurst, l’Institut texan des Lettres et l’Institut des Arts et Lettres du Mississippi. Il a enseigné la creative writing à l’Université du Montana, du Texas, de la Caroline du Nord-Wilmington et à l’Université d’Etat de l’Iowa. Il est l’auteur d’une trentaine de livres. L’Ermite a été élu par le Los Angeles Times comme le meilleur livre de l’année. Ses nouvelles et ses essais, pour lesquels il a reçu le prix Pushcart et la O. Henry Award, ont paru dans de nombreuses anthologies rassemblant les meilleurs textes américains du genre. Le Sud profond et le Montana constituent les décors privilégiés de ses fictions. Il vit dans la vallée du Yaak, dans le Montana, avec sa femme et ses deux filles. 

5. F, Luis Seabra, Rivages


Linz, avocat mal vu du régime, est enfermé arbitrairement dans la prison de Schendorff, mastodonte pénitentiaire d’un État totalitaire d’un nouveau genre, fondé sur la « séparation préventive » des asociaux, repérés puis enfermés dès leur plus jeune âge. Il ignore qu’il n’est qu’un rouage au sein d’un plan insensé mis en œuvre par F., un faux détenu travaillant en réalité pour le tout-puissant Ministère des Libertés et des privations publiques... Sous la double influence de Borges et de Kafka, ce premier roman extrêmement maitrisé, au style d’une grande élégance littéraire, concis, serré, presque clinique, se présente comme une exploration vertigineuse centrée sur le thème du faux et du factice.

6. La chimie des trajectoires, Laurent Quintreau, Rivages


En trente-sept jours et trente-trois chapitres, une mouche traverse les différents états moléculaires du genre humain, de la naissance à la mort. Dans ses pérégrinations qui dessinent autant de nombres premiers, sa trajectoire s'entrecroisera avec celle d'un étudiant schizophrène et sa famille, d'une boxeuse à la recherche de l'amour, d'une actrice sur le retour, et toute une galerie de personnages qui nous plongerons dans les constituants les plus élémentaires de la matière et de nos vies. Autant d'univers qui se sédimentent, s'entrechoquent, se fissurent et dont les fils s'entrecroiseront jusqu'au drame final.

mardi 5 août 2014

[Rentrée littéraire 2014 : sorties #11] : les 27 et 28 août

On avance dans les sorties de la rentrée littéraire, avec quelques romans qui sortent le mercredi 27 ou le jeudi 28 août.

1. La prophétie de Jonas, Joshua Max Feldman, Plon : 1er roman
2. Splendeurs et misères de l'aspirant écrivain, Jean-Baptiste Gendarme, Flammarion
3. Dans le jardin de l'ogre, Leïla Slimani, Gallimard : 1er roman
4. Chant furieux, Philippe Bordas, Gallimard
5. Blanès, Hedwige Jeanmart, Gallimard : 1er roman
6. Tous les jours sont des nuits, Peter Stamm, Christian Bourgois


1. La prophétie de Jonas, Joshua Max Feldman, Plon
1er roman !

Couverture de La prophétie de Jonas

New-yorkais, enfiévré, moderne et symbolique, Le livre de Jonas est un premier roman très ambitieux, fascinant, à l'image de l'Amérique elle-même, broyeuse d'âmes, sublimatrice d'expériences, et inspiratrice de rêves toujours plus grands.
Jonas est avocat d'affaires, il travaille nuit et jour, s'octroie parfois un week-end avec sa compagne, une soirée avec sa maîtresse, mais jamais de temps mort. Le déluge va le forcer à s'arrêter. Un jour d'orage, la foule s'est amassée dans le métro, guettant l'accalmie pour sortir. C'est là que Jonas rencontre un juif hassidique ; l'homme lui raconte l'histoire de Jonas qui, en désobéissant à Dieu, provoqua sa colère, et le met en garde contre les dangers d'une âme vide. Le soir, fêtant sa promotion, Jonas s'enivre. Jusqu'à cette hallucination, ou il voit le monde s'écrouler autour de lui. À son réveil, deux jours plus tard, la vie telle qu'il la menait est devenue inconcevable.

Judith a tout réussi, c'est une élève
brillante, admise à Harvard, et entourée d'une famille aimante. Mais le 11 septembre 2001, ils sont à bord de l'avion destiné à s'écraser sur le Pentagone. Orpheline, Judith doit se reconstruire. Errant de Paris à Los Angeles, elle tente des expériences artistiques, sexuelles et professionnelles susceptibles de combler ce vide en elle. Rien n'y fait.

Tout au long de leurs jeunes existences, Jonas et Judith se croisent : il voit sa photo, elle lui demande son chemin dans la rue, il la cherche sans savoir pourquoi... Deux âmes perdues en quête de sens, qui se retrouveront à Las Vegas, Ninive du XXIe siècle, deux vies "dépensées", essoufflées et fiévreuses, à la fois modernes et intemporelles.

 2. Splendeurs et misères de l'aspirant écrivain, Jean-Baptiste Gendarme, Flammarion

 

Du désir d'écrire à la parution du premier roman, ce livre révèle et décrypte tous les us et coutumes de la chose littéraire. Témoignages d'écrivains et d'éditeurs à l'appui, ces vingt-sept chapitres sont autant de cailloux blancs pour éviter les pièges et trouver son chemin à travers le monde des lettres. Jean-Baptiste Gendarme accompagne avec humour et impertinence l'aspirant écrivain dans le singulier marathon qui mène à la publication d'un livre.

3. Dans le jardin de l'ogre, Leïla Slimani, Gallimard
1er roman

 

«Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt.
Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d'un pied sur l'autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu'on la saisisse, qu'on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu'elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu'on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre.»
 

4. Chant furieux, Philippe Bordas, Gallimard

 

Photographe, Mémos est contacté par un éditeur pour suivre Zinedine Zidane jour et nuit, pendant trois mois, afin de réaliser un livre sur le champion en pleine gloire. Une connivence immédiate s'établit entre les deux hommes. Issus des quartiers difficiles, ils parlent la même langue. Par-delà le tourbillon de la vie de Zidane, prince des stades et idole médiatique, le roman raconte surtout la quête de Mémos, venu du parler rudimentaire et rageur des cités, parti à la conquête de la haute langue de Chrétien de Troyes, Rabelais, Saint-Simon et Céline.
Tissé à l'intention d'un ami aveugle admirateur de Zinedine, qui n'a jamais vu son visage ni ses dribbles virtuoses, le récit de Mémos prend une dimension épique et flamboyante, pour devenir une chanson de geste moderne. Faisant revivre la bande de gamins dépenaillés débarquant jadis à la gare du Nord comme des barbares, il ne se contente pas de rendre hommage à ces êtres que personne ne défend, il leur offre une existence de pleine lumière et invente pour eux un français riche et vivant, réconciliant la langue d'en bas et celle d'en haut, autour de la figure mythologique et solaire de Zinedine Zidane. Philippe Bordas signe ici une œuvre littéraire d'une puissance exceptionnelle.  

5.Blanès, Hedwige Jeanmart, Gallimard
 1er roman !
 

«Et si on allait à Blanès? C'était mon idée. Je l'avais lancée le samedi 10 mars vers onze heures du matin, après mes deux cafés, consciente de ce que je disais et aussi du fait que je le disais pou lui faire plaisir, sans soupçonner une seconde que cette phrase innocente serait celle qui me ferait chuter tout au fond du gouffre où je suis. Pourtant des phrases, j'en ai dit. J'ai trop dit je t'aime alors que je savais que cela le fatiguait, j'ai dit des choses intelligentes aussi, puis des conneries comme tout le monde. Mais je n'aurai pas survécu à cette phrase-là. Samuel a répondu pourquoi pas? Ça te dirait? J'ai dit oui ça me dirait, on n'est jamais allés à Blanès, ce n'est pas si loin, une heure en voiture depuis Barcelone, à peine plus. On s'est mis d'accord, on irait le lendemain. Le soir, on s'est couchés en chien de fusil dans des draps blancs comme un linceul, j'ai respiré son odeur du soir, un peu âcre, et senti la chaleur de sa cuisse sur laquelle j'avais posé la main. Je me suis endormie heureuse sûrement, sans doute, pourquoi pas? Je ne savais plus bien à présent, et le matin du dimanche 11 mars, en fin de matinée, nous avons pris chacun un livre et nous sommes partis pour Blanès.»  

6. Tous les jours sont des nuits, Peter Stamm, Christian Bourgois

 

Présentatrice de télévision reconnue et appréciée, Gillian mène une existence harmonieuse jusqu'à cette soirée où elle se dispute avec Matthias, son compagnon depuis des années. Sur la route du retour, ils ont un grave accident de voiture qui va bouleverser sa vie.
Un temps retirée du monde, Gillian revisite son passé, la relation qu'elle a entretenue avec Hubert - artiste peintre auprès de qui elle a insisté pour servir de modèle - et s'efforce de se reconstruire.
Par petites touches distanciées et précises, Peter Stamm compose une histoire à la fois ordinaire et hors du commun qui nous laisse une impression d'inquiétante étrangeté...