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vendredi 1 août 2014

[Rentrée littéraire 2014 : sorties #9] : Le 21 août 2014

On voit bientôt le bout de ces sorties prévues le 21 août ... Il y en a vraiment pour tous les goûts ! Aujourd'hui, je vous présente :

1. Cent sept ans, Marie-Aimée Lebreton, Buchet-Chastel : 1er roman 
2. Tram 83, F. Nwanza Mujila, Métaillé
3. Nos disparus, Tim Gautreaux, Seuil
4. Le cercle des femmes, Sophie Brocas, Julliard : 1er roman
5. La mer les emportera, Nick Dybek, Presse de la Cité : 1er roman
6. La vie amoureuse de Nathaniel P., Adelle Waldman, Christian Bourgois : 1er roman
7. Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre, Shani Boianjiu, Laffont : 1er roman


1. Cent sept ans, Marie-Aimée Lebreton, Buchet-Chastel
1er roman !

Cent sept ans -  

« Je suis née au creux des montagnes, là où le ciel change de couleur dans la courbure du vent. Derrière le vent, en contrebas de la colline, se dressait le minaret du village. À heures régulières, la voix du muezzin annonçait le nom des dernières victimes tombées sous les bombes. Étrangers à eux-mêmes, au milieu d’un champ de ruines, les cœurs trop lourds s’efforçaient de se décharger de l’horreur. Hier, des enfants étaient nés sans mère, d’autres tiraient désespérément sur le cordon, à contretemps des projectiles. Voilà qui aurait dû suffire à nous rendre fous ! »
De son enfance, Nine ne sait rien d’autre: rien que la rencontre de ses parents en Algérie, leur amour trop bref, et son père fauché par la guerre dont on a déposé le cœur «  dans une cabane en bois  ». Madame Plume, sa mère, ne parle pas de ce passé, de son pays, de ses souvenirs. Un jour, elle s’est arrachée à la sollicitude de Fatma la douce, elle a fui son village de Kabylie pour emmener sa petite dans une ville du nord de la France, où elles ont vécu toutes les deux en étroit duo. Alors «  une autre errance commence, célébrant le désert sous un ciel trop bas ». Nine grandit tout contre sa mère, avec une soif de savoir, de comprendre et de se libérer qui passera par l’apprentissage du piano, du langage, et aussi par un retour en Kabylie, sur la terre des origines.
Ce court récit de l’exil épouse le rythme et la poésie du conte pour nous évoquer la quête identitaire d’une enfant éblouie par son histoire silencieuse.

L'auteur : Marie-Aimée Lebreton est née en 1962 à Bouïra, en Kabylie. Docteur en philosophie de l’art et diplômée du conservatoire national supérieur de musique de Paris, elle est maître de conférences à l’université de Lorraine et vit à Paris. Elle a publié un premier ouvrage en 2005 aux éditions Pleins Feux : Comment Clémentine, sourde, devint musicienne, préfacé par Sylviane Agacinski. Cent sept ans est son premier roman.

2. Tram 83, F. Nwanza Mujila, Métaillé

Tram 83 

Tous les soirs au Tram 83 on voit débouler les étudiants en grève et les creuseurs en mal de sexe, les canetons aguicheurs, les touristes de première classe et les aides-serveuses, les biscottes et les demoiselles d’Avignon, la diva des chemins de fer et Mortel Combat, bref, toute la Ville-Pays réunie là dans l’espoir de voir le monde comme il va et comme il pourrait dégénérer.
Lucien, tout juste débarqué de l’Arrière-Pays pour échapper aux diverses polices politiques, s’accroche à son stylo au milieu du tumulte et se retrouve sans s’en rendre compte coincé dans une mine de diamants, en garde à vue, ou dans le lit d’une fille aux seins-grosses-tomates. Pendant ce temps, Requiem, magouilleur en diable, ex-pote du susnommé, et Malingeau, éditeur et amateur de chair fraîche, se disputent allègrement les foules. Car dans la Ville-Pays, n’en déplaise au ridicule Général dissident, il n’y a qu’une chose qui compte : régner sur le Tram 83 et s’attirer les bonnes grâces de ce peuple turbulent et menteur, toujours au bord de l’émeute.
Premier roman éminemment poétique et nerveux, Tram 83 est une incroyable plongée dans la langue et l’énergie d’un pays réinventé, un raz-de-marée halluciné et drôle où dans chaque phrase cogne une féroce envie de vivre. Bienvenue ailleurs.

L'auteur : Né en République démocratique du Congo en 1981, Fiston Mwanza Mujila vit à Graz, en Autriche. Il est titulaire d’une licence en Lettres et Sciences humaines à l’Université de Lubumbashi. Il a écrit des recueils de poèmes, des nouvelles et des pièces de théâtre. Il a reçu de nombreux prix dont la médaille d’or de littérature aux vie Jeux de la Francophonie à Beyrouth.

3. Nos disparus, Tim Gautreaux, Seuil

Nos disparus 

Sam Simoneaux, dont la famille a été massacrée quand il avait six mois, débarque en France le jour de l’Armistice. De la Première Guerre, il ne connaîtra que le déminage des champs de bataille de l’Argonne. De retour à La Nouvelle Orléans, devenu responsable d’étage aux grands magasins Krine, il ne peut empêcher l’enlèvement, quasiment sous ses yeux, de Lily Weller, 3 ans. Licencié, sommé par les parents Weller de retrouver leur enfant, il est embauché comme troisième lieutenant (maintenir l’ordre et à l’occasion jouer du piano) sur l’Ambassador, bateau à aubes qui sillonne le Mississippi. Le roman se déploie alors le long du fleuve, scandé par la musique de jazz - orchestre noir, orchestre blanc et alcool à volonté. Au gré des escales, et des bagarres, Sam cherche Lily, et met au jour un fructueux commerce d'enfants animé par quelques spécimens peu reluisants de la pègre des bayous. Mais le vrai sujet, au-delà de cette chatoyante fresque naturaliste, tourne autour des liens du sang, de l'inanité de la vengeance, et de la transmission des valeurs. Ainsi que du destin des hommes revenus de la guerre déboussolés et sans travail, une question qui traversait déjà le roman précédent de Gautreaux, Le Dernier Arbre.

L'auteur : Né en 1947 à Morgan City, Louisiane, Tim Gautreaux est le fils d’un capitaine de remorqueur. Ayant obtenu un diplôme de littérature à la Nicholls State University de Thibodaux, il a commencé à écrire de la fiction après avoir suivi les ateliers d’écriture de Walker Percy. Il est l'auteur de deux autres romans (dont Le Dernier Arbre, Seuil, 2013) et de nouvelles publiées par The Atlantic Monthly, GQ, Harper's Magazine et The New Yorker. Professeur émérite d’anglais à la Southeastern Louisiana University, il vit à Hammond. 

4. Le cercle des femmes, Sophie Brocas, Julliard
1er roman !

Le cercle des femmes 

Lia vient d'avoir vingt ans. À la mort de son arrière-grand-mère, elle se retrouve dans sa maison de famille, dans les Landes, avec sa mère, sa grand-mère et la meilleure amie de la défunte. Durant ces quelques jours de funérailles, de deuil et d'intimité partagée, vient le moment d'échanger ses souvenirs, mais aussi de mettre de l'ordre dans les affaires de l'aïeule. Lia découvre à cette occasion des carnets de notes et des lettres soigneusement consignés dans une boîte à chaussures. À sa grande surprise, ces écrits relatent une version bien différente de la disparition du mari de son arrière-grand-mère que celle racontée depuis toujours dans le cercle familial. Poignantes, ces lettres révèlent surtout un destin brisé par la honte et le chagrin.
Lia doit-elle garder pour elle un secret jalousement protégé pendant soixante ans par son arrière-grand-mère ? Ces révélations ne risquent-elles pas de déclencher un cataclysme parmi ces quatre générations de femmes ? Et que faire de l'image si lisse, et en vérité si faussée, qu'elle avait de cette très vieille dame ? Comment lui pardonner son mensonge ? Les conséquences de cette falsification de l'histoire familiale s'éclairent peu à peu dans l'esprit de la jeune fille et bousculent son propre rapport à la famille, aux hommes, à l'amour. Car c'est toute une lignée de femmes qui semble en avoir été victime, en porter les stigmates.
Roman initiatique, Le Cercle des femmes démontre qu'un secret de famille marque – radicalement parfois – toute une descendance. Telle cette tribu très attachante qui a laissé peu de place à l'élément masculin dans le huis clos familial, sans jamais en saisir la raison. Lia saura-t-elle transformer ce sentiment de trahison en pardon ? Sa colère en bienveillance ? Saura-t-elle rompre la fatalité du « cercle des femmes » pour s'ouvrir aux hommes et à l'amour ? Servi par une écriture originale, pleine de fraîcheur, Le Cercle des femmes est porté par une petite musique qui nous entraîne d'une page à l'autre dans une galerie de personnages féminins aussi touchants que fantasques.

5. La mer les emportera, Nick Dybek, Presse de la Cité
1er roman !



Dans le Grand Nord américain, non loin de l'Alaska, les hommes de Loyalty Island partent chaque automne pêcher le crabe royal. Pendant plusieurs mois, ils bravent l'océan, au péril de leur vie, pour ramener ce qui permettra à leurs familles de survivre. Alors, quand John Gaunt, le riche propriétaire de la flotte, se meurt, c'est toute une communauté qui est menacée de disparaître.
Chez les Bollings, ce décès imminent exacerbe les tensions entre les parents de Cal. Henry, son père, est obnubilé par le sort de l'entreprise, dont l'unique héritier des Gaunt ne se soucie guère. Il est prêt à tout pour sauver son avenir et celui des autres marins. Tout. Y compris les actes les plus inavouables.
Mais Cal devine ses projets. Dès lors, le garçon se retrouve confronté à un insoluble dilemme. Doit-il dénoncer le héros de son enfance, ou se taire ? Des années plus tard, Cal, désormais adulte, est toujours hanté par ce choix...
Un roman puissant, au style riche et évocateur, qui explore avec intelligence le bien, le mal et les multiples nuances qui les lient l'un à l'autre.

L'auteur : Diplômé de l’Université du Michigan, Nick Dybek enseigne dans les lycées, les universités, mais aussi les prisons. Il a déjà reçu plusieurs prix dont le Michener-Copernicus Society of America Award. La mer les emportera est son premier roman.

 6. La vie amoureuse de Nathaniel P., Adelle Waldman, Christian Bourgois
 1er roman !

La vie amoureuse de Nathaniel P. 

L’écrivain new yorkais, Nate Piven est une star montante. Après une première vie sérieuse et rébarbative de premier de la classe, suivie dequelques années de vaches maigres, il vient de signer un contrat généreux pour un roman. De plus, il ne cesse d’être sollicité par de nouveaux magazines qui souhaitent le faire contribuer à leurs dossiers. Quant aux femmes, il est entouré des plus belles et des plus désirables : Juliet, reporter économique de haut vol ; Elisa, sa somptueuse ex-petite amie ; et Hannah, que « presque tous considèrent comme gentille et intelligente, ou intelligente et gentille », qui n’a pas son pareil dans les conversations entre amis. Mais lorsque l’une de ces histoires devient plus sérieuse que les autres, Nate est contraint de se demander ce qu’il souhaite réellement. Pour qui s’est un jour demandé pourquoi les hommes font les choses qu’ils font, Adelle Waldman plonge dans la psyché d’un mâle moderne imparfait, souvent exaspérant – un jeune homme qui porte sur lui un jugement bien au-delà du superficiel, mais qui lutte en permanence avec sa propre anxiété, liée aux femmes. Il a pourtant l’habitude de les laisser tomber d’une manière qui fait de lui un emblème de notre époque. De même qu’il apporte un regard de l’intérieur sur ce qu’un jeune homme pense réellement du sexe, des femmes et de l’amour. Ce livre prouve que, dans le monde littéraire du XXIème siècle, l’esprit et l’art de la conversation sont loin d’être morts. L’amour l’est-il ? 

L'auteur : Adelle Waldman est née en 1977 à Baltimore. Elle est diplômée de la Brown University et de l’école de journalisme de Columbia University. Elle a travaillé comme reporter au New Haven Register, au Cleveland Plain Dealer, et a tenu une rubrique pour le site du Wall Street Journal. Elle a également publié des articles dans le supplément littéraire du New York Times, entre autres. Elle vit à Brooklyn avec son mari, l’écrivain Evan.

 7. Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre, Shani Boianjiu, Laffont
1er roman !







Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre

Un premier roman coup de poing, singulier et provocateur, par une nouvelle voix de la littérature.
Camarades de classe depuis l'école primaire, trois jeunes Israéliennes fantasques cherchent des dérivatifs à leur ennui dans un village près de la frontière ou rien ne se passe, sinon le pire. Sarcastique et autoritaire, Léa donne les règles du jeu, entraînant l'espiègle Yaël et la sombre Avishag. La fin de leur scolarité signe la fin de leur insouciance. Propulsées dès dix-huit ans dans le monde monotone et brutal de l'armée pour effectuer leur service militaire, elles se collettent avec toute la violence d'un pays en état d'alerte permanent. Léa est postée à un checkpoint en Cisjordanie, Avishag sert dans une unité de combat chargée de surveiller la frontière égyptienne et Yaël entraîne les soldats au maniement des armes. Chacune tente de traverser à sa manière ces terribles années. Portrait implacable d'une génération perturbée, ce roman initiatique met en lumière la difficulté universelle d'être jeune et de forger son identité.

L'auteur : Shani Boianjiu est née en 1987 à Jérusalem et a grandi en Galilée, dans le village de Kfar Vradim, proche des frontières syrienne et libanaise. Après deux ans dans l'armée, elle a étudié à Harvard dont elle est sortie diplômée en 2011. Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre est son premier roman.
 

jeudi 31 juillet 2014

[Rentrée littéraire 2014 : sorties #8] : Le 21 août 2014

 Et voici les 7 romans du jour, sorties toujours prévues le 21 août (sauf erreur) :

1. Charlotte, David Foenkinos, Gallimard
2. L'aménagement du territoire, Aurélien Bellanger, Gallimard
3. L'île du point Némo, Jean-Marie Blas de Roblès, Zulma 
4. La lumière des étoiles mortes, John Banville, Laffont
5. Je suis très sensible, Isabelle Minière, Safran
6. Les ongles, Mikhaïl Elizarov, Safran 
7. L'incertitude de l'aube, Sophie Van der Liden, Buchet-Chastel


1. Charlotte, David Foenkinos, Gallimard

 

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C'est toute ma vie.» Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche. 

2. L'aménagement du territoire, Aurélien Bellanger, Gallimard


La France est devenue un paysage lointain.
Dans un village oublié par l'histoire, un château se délabre au bord d'une rivière.
Les travaux d'une ligne à grande vitesse vont pourtant réveiller quelque chose qui sommeillait ici depuis la nuit des temps. Une machination secrète que chacun va chercher à faire jouer en sa faveur.
Le village devient alors le théâtre d'une lutte acharnée entre les opposants au projet et ses promoteurs.
D'autres entrevoient, derrière le passage du train, des enjeux plus complexes. Un capitaine d'industrie croit discerner les frontières de son futur empire. Un préfet retraité est admis dans une société secrète. Un activiste solitaire rêve d'un événement qui relancerait l'histoire. Un vieil aristocrate défend d'étranges théories. Un archéologue est confronté à la plus grande découverte de sa carrière.
Les intérêts, les complots, les temps s'entremêlent et menacent de se neutraliser.
Tout peut encore advenir.
Bientôt, le TGV viendra sceller l'énigme. 

3. L'île du point Némo, Jean-Marie Blas de Roblès, Zulma


Avec l’Île du Point Némo, Jean-Marie Blas de Roblès nous offre le roman d’aventures total, tourbillonnaire, conquérant, véritable machinerie de l’imaginaire où défilent, s’entrecroisent et se percutent tous les codes romanesques, la littérature populaire, l’actualité convulsive entre passé historique et projection dans le futur, nos hantises programmées et nos rêves d’échappées irrépressibles.
Qu’on en juge : Martial Canterel, richissime opiomane, se laisse interrompre dans sa reconstitution de la fameuse bataille de Gaugamèles par son vieil ami Holmes (John Shylock…). Un fabuleux diamant, l’Anankè, a été dérobé à Lady MacRae, tandis que trois pieds droits chaussés de baskets de marque Anankè échouaient sur les côtes écossaises, tout près de son château… Voilà donc Holmes, son majordome et l’aristocratique dandy, bientôt flanqués de Lady MacRae et de sa fille Verity, emportés – pour commencer – dans le Transsibérien à la poursuite de l’insaisissable Enjambeur Nô.
Par une mise en abyme jubilatoire, cette intrigue rebondissante vient s’inscrire dans les aléas d’une fabrique de cigares du Périgord noir où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture, à voix haute, des aventures de Jean Valjean ou de Monte-Cristo. Bientôt reprise par Monsieur Wang, voyeur high-tech, productiviste à l’ancienne et fondateur de B@bil Books, une usine de montage de liseuses électroniques…
Avec une ironie abrasive, ce roman-tsunami emporte toutes les constructions réalistes habituelles et ouvre d’extraordinaires horizons de fiction. Cette folle équipée romanesque est aussi la plus piquante réflexion sur l’art littéraire, doublée d’une critique radicale des idéologies et de la gouvernance anonyme, tentaculaire, qui nous aliène jusque dans notre intimité.

L'auteur :  Rompu aux jongleries savantes de l’imaginaire, Jean-Marie Blas de Roblès nous entraîne, par la grâce de son écriture, dans les mondes gigognes de l’esprit aux prises avec les mystères ultimes, sans perdre jamais le fil du labyrinthe charnel du désir et de la folie de vivre. Né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès, il est l’auteur, chez Zulma, du monumental Là où les tigres sont chez eux (Prix du Roman Fnac, Prix Giono, Prix Médicis 2008), de la Montagne de minuit et du recueil de nouvelles la Mémoire de riz.

4. La lumière des étoiles mortes, John Banville, Laffont


« Ou tout cela va-t-il donc quand nous mourons, tout ce que nous avons été ?
Quand je songe à ceux que nous avons aimés et perdus, je m'identifie à un promeneur errant à la tombée de la nuit dans un parc peuplé de statues sans yeux. L'air autour de moi bruisse d'absences. Je pense aux yeux bruns et humides de Mme Gray et à leurs minuscules éclats dorés. Quand on faisait l'amour, ils viraient de l'ambre à la terre d'ombre puis à une nuance de bronze opaque. "Si on avait de la musique, disait-elle dans la maison Cotter, si on avait de la musique, on pourrait danser." Elle-même chantait, tout le temps, et toujours faux, "La veuve joyeuse", "L'homme qui fait sauter la banque", "Les roses de Picardie", et un machin sur une alouette, alouette, dont elle ne connaissait pas les paroles et qu'elle ne pouvait que fredonner, complètement faux. Ces choses que nous partagions, celles-là et une myriade d'autres, une myriade, myriade, elles demeurent, mais que deviendront-elles lorsque je serai parti, moi qui suis leur dépositaire, le seul à même de préserver leur mémoire ? »

Qu'est-ce qui sépare la mémoire de l'imagination ? Cette question hante Alex alors qu'il se remémore son premier – peut-être son unique – amour, Mme Gray, la mère de son meilleur ami d'adolescence. Pourquoi ces souvenirs resurgissent-ils maintenant, à cinquante ans de distance, se télescopant avec ceux de la mort de sa fille, Cass, dix ans plus tôt ?
Un grand Banville, troublant et sensuel, sur la façon dont les jeux du temps malmènent le coeur humain.
L'auteur : Né à Wexford, en Irlande, en 1945, John Banville vit à Dublin. Depuis ses débuts, l'œuvre de cet « orfèvre des mots », auteur de quatorze romans – dont Éclipse, Impostures, La Mer (Booker Prize 2005) ou Infinis, parus chez Robert Laffont dans la collection « Pavillons » –, a été récompensée par de nombreux prix littéraires. Sous le pseudonyme de Benjamin Black, il écrit également des romans noirs, tous publiés chez NiL.

 5. Je suis très sensible, Isabelle Minière, Safran

 

En apparence, Grégoire est un type normal, il aime son boulot, se coucher tôt, aller au cinéma. Il vit avec Agathe, professeur de philo, et ils semblent heureux ensemble. Parfois, il a des réactions bizarres, il n’est pas « comme les autres ». Pour Agathe, c’est ce qui fait son charme.
Le décès soudain du président de la République, l’interdiction du film les Bêtes sauvages, l’apparition de Vivien, un collègue d’Agathe, viennent désorganiser l’univers de Grégoire. Son regard innocent, sa façon de voir les choses et les êtres sont mis à mal. Tout bascule.
Avec des mots simples, Isabelle Minière nous fait peu à peu entrer dans un monde intérieur bien singulier. L’humour de Grégoire est le plus souvent involontaire ; oui, en effet, Grégoire est très sensible, et très attachant. C’est un personnage bouleversant qui intrigue son entourage et donne du monde une perception inattendue et fascinante.

L'auteur : Isabelle Minière est née au Mali. Elle a passé son enfance près d’Orléans, fait ses études à Tours et à Paris où elle vit aujourd’hui ; elle est psychologue et hypnothérapeute. Elle écrit des romans, des nouvelles, et des livres pour la jeunesse.

6. Les ongles, Mikhaïl Elizarov, Safran

 

Bakatov et Gloucester grandissent dans un orphelinat pour enfants handicapés. Le premier a le crâne difforme, le second est bossu. Moqueries, insultes, humiliations sont leur lot quotidien. On leur permet malgré tout, un jour, d’entrer dans la vie active. Bakatov devient plombier, Gloucester pianiste, il a la bosse de la musique, un vrai Mozart ! Or, Bakatov, depuis son enfance, se laisse pousser les ongles, les ronge et, avec force incantations secrètes, manifeste d’étranges pouvoirs…
Dans la lignée de Limonov ou de Sorokine, Elizarov offre une évocation picaresque et hallucinée du monde né de la désoviétisation. Les vingt-quatre étapes de ce parcours initiatique lâchent les deux gamins dans les soubassements d’une mégalopole livrée au règne de la grande débrouille. Splendeur de l’écriture, richesse métaphorique, justesse assassine des notations, tout dans ce bref et magistral premier roman tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière ligne.
Une des poétisations les plus originales, captivantes et sombres de la Russie de la « transition » entre périodes soviétique et actuelle.

L'auteur :Mikhaïl Elizarov, né en 1973 en Ukraine, a fait des études de cinéma en Allemagne. Son roman le Bibliothécaire (Calmann-Lévy, 2010) a reçu en 2008 le Russian Booker Prize. On a comparé Elizarov à Umberto Eco ou à Milorad Pavic. Le Berliner Zeitung a loué chez lui un « mélange alchimique de Gogol, de réalité russe, et de magie noire »

7. L'incertitude de l'aube, Sophie Van der Liden, Buchet-Chastel

L’Incertitude de l’aube -

En ce jour de Fête de la Rentrée, à Beslan, Anushka est heureuse. Elle court avec Miléna, sa meilleure amie, sur le chemin de l'école. A peine arrivée, elle se retrouve prise au piège dans le gymnase. Ils seront plusieurs centaines d'enfants, prisonniers de terroristes tchétchènes. C'était il y a dix ans.
D'un bout à l'autre de ce roman émouvant, le lecteur va suivre les pensées d'Anushka, qui égrène les souvenirs. Progressivement, avec la faim et la soif, avec la peur, la conscience de la jeune fille va glisser dans un imaginaire qui se substitue au réel.
Roman poétique et grave, L'Incertitude de l'aube est un hommage à l'enfance.

L'auteur : Née en 1973, Sophie Van der Linden vit à Conflans-Sainte-Honorine. Elle a publié des ouvrages de référence sur la littérature pour la jeunesse, dont elle est spécialiste. Ses romans sont publiés aux éditions Buchet-Chastel.


 

mardi 29 juillet 2014

[Rentrée littéraire 2014 : sorties #6 ] : Le 21 août 2014

Comme hier, je vous présente 7 romans qui sortent ce 21 août :

1. Les réputations, Juan Gabriel Vasquez, Seuil  
2. Fonds perdus, Thomas Pynchon, Seuil
3. Terminus radieux, Antoine Volodine, Seuil
4. Avis à mon exécuteur, Romain Slocombe, Laffont
5. L'homme sans maladie, Arnon Grunberg, EHO
6. L'histoire d'un amour, Catherine  Locandro, EHO
7. Des objets de rencontre, une saison chez Emmaüs, Lise Beninca, Joëlle Losfeld (Gallimard)

1. Les réputations, Juan Gabriel Vasquez, Seuil

Les Réputations - Juan Gabriel Vasquez


Célèbre caricaturiste politique colombien, pouvant faire tomber un magistrat, renverser un député ou abroger une loi avec pour seules armes du papier et de l'encre de Chine, Javier Mallarino est une légende vivante. Certains hommes politiques le craignent, d'autres l'encensent. Il a soixante-cinq ans et le pays vient de lui rendre un vibrant hommage, quand la visite d'une jeune femme le ramène vingt-huit années en arrière, à une soirée lointaine, à un "trou noir". Qu'avait fait ce soir-là le député Adolfo Cuéllar et qu'avait vu exactement Javier Mallarino? Deux questions qui conduisent le dessinateur à faire un douloureux examen de conscience et à reconsidérer sa place dans la société.
Juan Gabriel Vásquez poursuit dans ce magistral roman son exploration du passé, des failles de la mémoire et du croisement de l'intime et de l'Histoire. Mais il livre surtout une intense réflexion sur les conséquences parfois dévastatrices de l'effacement des frontières entre vie privée et vie publique dans un monde où l'opinion et les médias détiennent un pouvoir grandissant.

L'auteur : Juan Gabriel Vásquez, né à Bogota en 1973, a fait des études de lettres à la Sorbonne, puis a vécu en Belgique et à Barcelone. Son premier roman, Les Dénonciateurs, lui a valu une reconnaissance internationale immédiate. Histoire secrète du Costaguana a obtenu le prix Qwerty du meilleur roman en langue espagnole ainsi que le prix Fundación Libros y Letras de la meilleure œuvre de fiction, et Le Bruit des choses qui tombent le prix Alfaguara 2011.
2. Fonds perdus, Thomas Pynchon, Seuil 

New York, entre mars 2001 et le printemps 2002, l’année de l'éclatement spectaculaire de la bulle Internet et de l’effondrement des tours jumelles. Maxine, jeune mère new-yorkaise à la vie amoureuse mouvementée, est une inspectrice des fraudes qui a perdu sa licence officielle pour avoir trop bien conseillé un client véreux. Elle n’a pourtant pas remisé son pistolet, et la voilà embarquée malgré elle dans une aventure haletante et dangereuse : comment se fait-il que la start-up du très louche Gabriel Ice n’ait pas bu le bouillon alors que l’ensemble du marché du Net s’est brutalement dégonflé quelques mois auparavant ? D’où viennent les flux de capitaux qui circulent vers de mystérieux comptes à l’étranger ? Pour le savoir, Maxine, entourée par une ribambelle de personnages décalés, va devoir plonger et éviter de se perdre dans le Web Profond, cette interzone quasi inaccessible, refuge des hackers anarchistes, des cybervoyous et des âmes perdues.
L'auteur : Écrivain à l'anonymat obstiné depuis plus de cinquante ans, le mystérieux Thomas Pynchon signe une œuvre prodigieusement inventive et foisonnante. Né en 1937, il est considéré comme l'un des plus grands noms de la littérature anglo-saxonne contemporaine. Ses romans décrivent une Amérique aussi tourmentée que déjantée.
3. Terminus radieux, Antoine Volodine, Seuil

Taïga sombre et immense, steppes infinies… La scène se passe d’abord après l’irradiation complète de la Sibérie et l’écroulement de la Deuxième Union soviétique, puis des siècles plus tard. La région, dévastée par des accidents nucléaires, est à jamais inhabitable. Entourés de paysages grandioses, des soldats fantômes, des morts vivants et d’inquiétantes princesses s’obstinent à poursuivre le rêve soviétique. Désormais le centre du monde a un nom, Terminus radieux, un kolkhoze dont la pile atomique s’est enfoncée sous terre. Solovieï, le président du village, met ses pouvoirs surnaturels au service de son rêve de toute-puissance : vie et mort, amour éternel, renaissance. Assisté par l’immortelle Mémé Oudgoul, il règne en maître sur le destin des hommes et des femmes qui ont atterri là. Non loin du kolkhoze passe une voie ferrée où circule un unique convoi, toujours le même. Prisonniers et militaires cherchent en vain le camp où leur errance prendra fin. Mais, là encore, Solovieï ordonne l’histoire. Il leur faudra attendre des milliers d’années pour que s’éteigne sa présence dans leur cauchemar.
L'auteur : Né en 1949, Antoine Volodine a publié une trentaine de livres qui fondent le "post-exotisme", univers fictionnel caractérisé par l'onirisme politique et l'humour du désastre. Il a écrit plusieurs textes pour la radio (France Culture), et Des anges mineurs (1999) lui a valu deux prix littéraires.
4. Avis à mon exécuteur, Romain Slocombe, Laffont
couverture 
Parce que la réalité dépasse toujours la fiction, il a fallu attendre Avis à mon exécuteur pour qu'un roman révèle enfin les plus extraordinaires secrets des renseignements soviétiques.
Lundi 10 février 1941, Washington, hôtel Bellevue. Un homme arrivé la veille est retrouvé mort d'une balle dans la tête, une arme près de lui. La police conclut au suicide. Nul ne sait encore que l'inconnu a été l'un des plus importants agents secrets des services de renseignements soviétiques, le témoin des pires conflits politiques du XXe siècle. Un suicide, vraiment ?...
En 1936, Victor rêve encore de la révolution mondiale quand il découvre l'emprise stalinienne sur la révolution en Catalogne – prisons secrètes dignes de l'Inquisition, assassinats de militants soupçonnés de trotskysme, trafics d'oeuvres d'art. Malgré lui, il participe à l'élimination d'un transfuge soviétique, mais il est trop tard pour quitter les rangs ; l'époque est à la suspicion et aux purges. Tandis qu'à Moscou, les fonctionnaires du NKVD se défenestrent pour échapper à l'arrestation et aux tortures, Victor doit gagner Paris et honorer une mission : la traque de son meilleur ami et l'assassinat de la femme de celui-ci. En dépit des menaces qui pèsent sur sa propre famille, il refuse de commettre ce dernier crime. Désormais condamné à une exécution officieuse, le chasseur Krebnitsky devient gibier, ne pouvant plus compter que sur sa ruse et son talent de caméléon. Il reste un moment à Paris auprès du fils de Trotsky, sous la protection du gouvernement de Léon Blum, dans l'ombre des nombreux intellectuels français qui chantent les prodiges du socialisme russe. Puis il fuit aux États-Unis, une arme explosive en poche : le document secret prouvant la trahison et le « grand mensonge » de Staline. S'en servir signifie la mort. Pourtant, c'est la seule chance qu'il lui reste de sauver son épouse et son fils...
Vaste fresque au parfum de roman d'espionnage à travers l'Europe de l'Ouest et l'Amérique de la fin des années 1930, inspiré d'événements réels, comme l'affaire Ignace Reiss, Avis à mon exécuteur dénonce les ravages de l'infiltration, la lâcheté des gouvernements occidentaux de l'époque et l'embrigadement des plus grands esprits du XXe siècle : Louis Aragon, Elsa Triolet, Henri Barbusse, Romain Rolland, les Américains Dashiell Hammett et Lillian Hellman et l'Allemand Bertolt Brecht...

L'auteur : Écrivain, photographe, cinéaste, peintre, illustrateur et traducteur, Romain Slocombe réconcilie depuis plus de trente-cinq ans le roman noir, l'avant-garde artistique et l'univers underground de la contre-culture américaine ou japonaise. Armé de son humour british, il aborde des sujets graves au fil d'intrigues minutieusement documentées. En 2011, son art romanesque est unanimement encensé et Monsieur le Commandant (« Les Affranchis », NiL) rencontre un grand succès critique et populaire : dans une impitoyable exploration de la noirceur de l'âme humaine, ce roman épistolaire fait revivre le Paris littéraire de l'Occupation sous la plume d'un vieil écrivain pétainiste, un antisémite tombé follement amoureux.
5. L'homme sans maladie, Arnon Grunberg, EHO


L'homme sans maladie par Grunberg

Architecte zurichois, Samarendra (dit Sam) Ambani, fils d’immigrants indiens, se considère comme un « grand artisan du bonheur des autres ». Sa vie tranquille — un travail honnête, une charmante compagne, une bonne hygiène de vie — va virer au cauchemar lorsqu’il décroche le contrat d’un opéra à Bagdad. À peine arrivé dans la capitale irakienne, il est la cible d’une violence qui le dépasse. Il rentre chez lui brisé, mais ne retient pas la leçon. Quelques mois plus tard, il accepte le projet de construction de la Bibliothèque nationale de Dubaï. Lors de son séjour dans l’état du Golfe, Sam découvre que l’histoire se répète impitoyablement et qu’un passeport européen n’est pas une garantie de retour… L’Homme sans maladie (dont l’ironie corrosive du titre, clin d’oeil à Musil, reflète bien l’esprit du roman) est une analyse à la fois caustique et tragique de notre époque. Grunberg dresse un bilan féroce de nos démocraties viciées par l’apparence trompeuse de la sécurité occidentale, des institutions corrompues des monarchies pétrolières et des délires pharaoniques de l’architecture moderne – miroir de notre volonté de toute-puissance. Tel un Kafka contemporain, il entraine son héros, naïf et idéaliste, à travers des tribulations grotesques et cruelles, pour mieux le réduire en cafard d’une dérisoire comédie humaine.
L'auteur : Né à Amsterdam en 1971, Arnon Grunberg vit aujourd’hui à New York. Iconoclaste surdoué, son premier roman, Lundis bleus, est un succès immédiat. En 2000, il reçoit le prix Ako (équivalent du Goncourt) pour Douleur fantôme, et en 2007 le prix Libris pour Tirza. Le Messie juif et Notre oncle ont été publiés chez EHO en 2007 et 2011
6. L'histoire d'un amour, Catherine  Locandro, EHO
L’Histoire d’un amour

Rome, 10 novembre 1995. Luca, marié et père d’une jeune femme, Guilia, est un professeur de philo sans histoires, qui enseigne depuis quatorze ans dans le même lycée. Pourtant, ce matin-là, quelques minutes avant le début des cours, la lecture d’un article de La Repubblica, qui le ramène vingt ans en arrière, va le bouleverser. Sans refermer le journal, ni payer son café, il part sans but à travers la ville.
En 1967, le jeune Luca est figurant pour une émission de variété de la RAI. Il y rencontre la Chanteuse, diva tristement célèbre pour sa tentative de suicide après la mort tragique de son compagnon, un poète de renom. D’un simple regard, Luca mesure toute la douleur de cette femme. Elle, reconnaît en lui son amour disparu. Il entre ainsi par effraction dans ce cœur qu’elle pensait éteint. Leur liaison sera aussi secrète que passionnée. Mais rapidement les amants se heurtent à d'infranchissables obstacles, en dépit de la dévotion du jeune homme. La rupture est brutale. Si la Chanteuse se mue en bienfaitrice,  jamais plus leurs chemins ne se croiseront.
Huit ans après la mort de la Chanteuse, une biographie révèle la vérité sur leur amour. Luca va devoir faire un choix. Cette histoire, qui a fait de lui un homme à part, l’a tenu à distance du monde. Va-t-il enfin reprendre son existence en main, retenir sa femme sur le point de le quitter, et cesser de se laisser dévoré par le souvenir de cette fulgurante passion ?

Après L’Enfant de Calabre, Catherine Locandro revient avec délicatesse et émotion sur la question de la perte amoureuse et du poids des secrets. Son écriture renferme cette part de vide, cette couleur sépia, qui habite son héros. Un personnage déchiré et poignant, qui a laissé filer sa vie, sans s’y accrocher. 
L'auteur : Catherine Locandro est née à Nice en 1973 et vit actuellement à Bruxelles. Elle travaille dans le domaine de l’audiovisuel lorsqu’elle publie son premier roman, Clara la nuit, qui remporte le prix René Fallet en 2005. Cette scénariste – primée en 1997 pour L’Amour est à réinventer, dix histoires d’amour au temps du sida – publie son quatrième roman chez EHO, après Les Anges déçus (2007),  Face au Pacifique (2009) et L’Enfant de Calabre (2013)


 7. Des objets de rencontre, une saison chez Emmaüs, Lise Beninca, Joëlle Losfeld (Gallimard)


Lise Benincà a passé plusieurs mois au sein d'Emmaüs Défi, rue Riquet à Paris. Elle a eu l'envie de donner voix à ces objets patinés, dépareillés, parfois ébréchés mais toujours singuliers, qui sont passés de main en main avant d'arriver chez Emmaüs, cette association, créée par l'abbé Pierre, qui les revend à des prix modiques.
Puis la présence des hommes et des femmes, salariés en réinsertion professionnelle chez Emmaüs, aux parcours chaotiques, eux-mêmes en transit, eux-mêmes patinés par la vie, s'est imposée entre les lignes qu'elle écrivait autour des objets – fragiles échos d'existences passées et inconnues. Alors elle s'est mise à parler d'eux, aussi. De leurs trajectoires, de leurs espoirs, de leur détresse et de leur volonté. Ils sont ainsi devenus les personnages émouvants d'un récit qui retrace, à travers le prisme des choses, l'ambiance et la dynamique émanant de ce lieu étonnant, le métier de ceux que l'on appelle les «travailleurs sociaux», ainsi que la multitude des situations qui peuvent conduire à la rue.
C'est au pouvoir des mots et de la mémoire que l'auteur réfléchit, citant Perec et Giono, et plus généralement à celui des livres, «prêts à tout pour aider le monde à tenir debout». 
L'auteur : Lise Benincà, est née en 1974 près de Saint-Étienne, elle vit et travaille à Paris. Elle est l’auteur de Balayer fermer partir, paru au Seuil en 2008, et des Oiseaux de paradis, paru chez Joëlle Losfeld en 2011, qui a reçu un bel accueil.

lundi 28 juillet 2014

[Rentrée littéraire 2014 : sorties #5 ] : Le 21 août 2014

Beaucoup de sorties sont prévues pour les 20 et 21 août. Afin de vous aider à y voir plus clair, je vous propose la présentation d'une bonne partie d'entre eux.

Aujourd'hui, je vous présente 7 romans qui sortent ce 21 août :

1. Madame, Jean-Marie Chevrier, Albin Michel
2. La belle de l'étoile, Nadia Galy, Albin Michel
3. Il bouge encore, Jennifer Murzeau, Laffont
4.  Le bal des hommes, Gonzague Tosseri, Laffont :1er roman ! 
5. Le clan suspendu, Etienne Guéreau, Denoel
6. Une éducation catholique, Catherine Cusset, Gallimard
7. Un été en famille, Arnaud Delrue, Seuil :  1er roman !

1. Madame, Jean-Marie Chevrier, Albin Michel

Madame 

Veuve aristocratique, impérieuse et mal accoutrée, « Madame » vit seule dans sa triste gentilhommière aux fastes passés. Elle s’attache la compagnie de Guillaume, 14 ans, fils de ses métayers, qu'elle a rebaptisé Willy. Soucieuse d'éduquer ce garçon d’un milieu si différent, de lui apprendre la poésie, les mathématiques, la nature, la liberté... Peut-être pense-t-elle-même en faire son héritier.
Captation ? Exacerbation d’un sentiment d’humiliation chez les parents de Guillaume... Madame a perdu son fils Corentin, mort accidentellement le jour même de la naissance de Willy. Que cherche-t-elle à travers lui, quel espoir, quel souvenir, quelle malédiction ? À mesure que la date anniversaire approche, un drame se prépare, imprévisible et fatal.

Un roman envoûtant, comme ces contes de fées dont on connait la cruauté et la chute incertaine. Son étrangeté, son intemporalité, le réalisme magique qui l’auréole en font un objet littéraire singulier et remarquable.


L'auteur : Jean-Marie Chevrier est l'auteur de sept romans : Zizim ou l'Epopée tragique d'un prince ottoman (1993), Une saison de pierre (1995), La seconde vie (2000), Le Navire aux chimères (2004), Un jour viendra où vous n'aimerez plus qu'elle (2007), Départementale 15 (2009) et Une lointaine Arcadie, tous publiés aux Éditions Albin Michel. Ce dernier titre publié en 2011 a figuré sur les sélections du Prix France-Culture/Télérama, du Prix Ouest France Étonnants voyageurs et du Prix Grands espaces littéraires.
Amateur de théâtre pour lequel il a écrit, poète, Jean-Marie Chevrier est membre du Comité de rédaction de la Revue semestrielle Siècle 21 (diffusée par La fosse aux Ours - Harmonia Mundi). Il est l'un des co-fondateurs des Rencontres de Chaminadour qui ont lieu chaque automne depuis 7 ans.
Il habite la Creuse depuis toujours, ses collaborations de scénariste de cinéma, notamment, l'emmènent régulièrement à Paris.

2. La belle de l'étoile, Nadia Galy, Albin Michel 

La Belle de l'étoile 

Après la mort de celui qu elle aimait, et un séjour en hôpital psychiatrique, la narratrice, contrôleuse aérienne, part vivre à Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce sera son purgatoire croit-elle, dont l issue incertaine, se dessinera peut-être lorsqu elle aura relu la correspondance de son amant, qu elle se fait réexpédier dans l ordre chronologique depuis Paris, pour y répondre enfin...! Pour cela, lancée dans une sorte de western contre elle-même, elle use d une panoplie de désespérée : s interdire de manger mais boire comme un trou, sortir beaucoup mais parler peu, se planter nue dans le froid le plus intense, briser tous les miroirs, écrire jusqu à la transe. Mais c est oublier que cette petite île en plein courant du Labrador, est peuplée de gens de mer par nature chaleureux, loufoques et bienveillants, mais aussi d exilés qui, comme elle, ont connu moult tempêtes...

Un roman sombre en apparence, une femme au bord de la folie, une île enneigée, venteuse, inhospitalière,... et peu à peu, nait de ce climat hostile une amorce de vie. L écriture de Nadia Galy, qui sait exprimer le désespoir, la violence des sentiments, l absolu de l amour mais aussi l humour et l autodérision, est de la pure énergie avec une vraie langue, bien à elle.
 
L'auteur : Nadia Galy a quitté l'Algérie à 18 ans pour poursuivre en France ses études d'architecte. Installée à Paris, elle décroche notamment le chantier de l'aéroport de Saint-Pierre-et-Miquelon où elle séjourne 6 ans, et commence à écrire. De retour, elle poursuit ses activités de construction en y ajoutant celles d'expert judiciaire. Elle vit entre Paris et Bastia et a publié deux romans : Alger, Lavoir galant (2007) et Le cimetière de Saint-Eugène (2010) chez Albin Michel.

 3. Il bouge encore, Jennifer Murzeau, Laffont
couverture


« Trop de rituels. Vautré sur un banc, face aux murs d'une école, le coccyx malmené par la dureté du bois, les jambes écartées et le regard flou, Antoine les a énumérés. Puis il les a trouvés suspects. Trop nombreux, donc suspects. Il s'est dit qu'ils avaient lissé sa vie, qu'il avait laissé son existence s'aplatir sous leur poids. Ils ont décapité les reliefs, comblé les aspérités, ils lui ont fait une petite vie, ces rituels, toute petite et prévisible. Sans le fard du travail, elle lui est apparue, elle est venue le frapper au visage, sa vie, lui serrer la gorge. »
Par un matin ensoleillé, Antoine est licencié. Le choc est brutal. Son couple tangue, ses certitudes s'effondrent, son ego vacille. Mais à mesure qu'il se libère de ses habitudes, d'une consommation vengeresse et de l'agitation stérile qui l'avaient mû jusque-là, la vérité se fait jour.
Il bouge encore raconte cette odyssée sédentaire qui lui rend la vue.
Jennifer Murzeau analyse la dérive d'un homme et le naufrage d'un couple de façon crue et chirurgicale. Elle dresse le tableau d'une époque ou la réflexion et les questionnements sont des actes de résistance.

L'auteur : Jennifer Murzeau est née en 1984. Elle a été journaliste pour France 2, Direct 8 et France Culture et collabore aujourd'hui aux rubriques « société » des magazines Stylist, Glamour et Néon. Elle a publié un premier roman, Les Grimaces, chez Léo Scheer en 2012.

4.  Le bal des hommes, Gonzague Tosseri, Laffont
1er roman !

couverture


« Des bars coloniaux de la rue de Lappe aux établissements de bains de la rue Saint-Lazare, des promenoirs du Gaumont, sur les Grands Boulevards, aux pissotières de la gare du Nord, des michetonneurs de la porte Saint-Martin aux masseurs de la Folie-Méricourt, tout ce que Paris comptait de vénalité mâle connaissait les ciseaux de ses grandes jambes et la manière singulière que Blèche avait de fondre sur ses proies pour les interroger, en les fixant avec intensité. Ses collègues de la Mondaine étaient réputés pour leur habitude de jouer aux idiots avec les tauliers, de finasser, d'insinuer qu'ils en savaient plus qu'ils paraissaient en dire, à croire qu'on leur avait enseigné que les menaces sont plus lourdes et les dégelées plus terrorisantes quand elles sont pratiquées par des flics à l'air bonasse. Blèche, lui, posait des questions brèves et tranchantes, qui sortaient à une vitesse stupéfiante de sa bouche sans que cela fît vaciller ses moustaches noires. »
Une nuit de 1934, un inconnu pénètre dans le zoo de Vincennes, abat et émascule deux fauves avant de prendre la fuite. Les autorités sont convaincues que les pénis tranchés vont alimenter un trafic d'aphrodisiaques destiné aux homosexuels parisiens. L'affaire est confiée à l'inspecteur Blèche. Cet homme glacé, doté d'une intelligence supérieure, est chargé à la Brigade mondaine de surveiller les « invertis ». Son enquête le conduira à exhumer de dangereux secrets dans le « gay Paris » des années 1930, monde extraordinaire à jamais disparu.


L'auteur : Arnaud Gonzague, 36 ans, journaliste au Nouvel Observateur et Olivier Tosseri, 30 ans, journaliste, correspondant à Rome pour I>Télé et Canal+, ont une passion commune pour l'Histoire. Ils partagent également le goût des voix singulières en littérature (Emmanuel Bove, Louis-Ferdinand Céline), celui de la BD et du fantastique.

5. Le clan suspendu, Etienne Guéreau, Denoel

 

Un clan haut perché dans les bois. Un ennemi étrange. Seule une jeune fille osera désobéir afin d’échapper à son destin.

Ismène vit parmi les siens, dans un village accroché à dix mètres de hauteur. Tous pratiquent des rites immuables et répètent inlassablement Antigone, la tragédie qu’il leur faut connaître sur le bout des doigts.
Descendre leur est interdit, car en bas une créature sanguinaire massacre ceux qui s’aventurent sur son territoire…
Quand le jeune Hémon décide de contester l’ordre établi, tout bascule. Pour fuir cet univers oppressant et comprendre le sens profond de la tradition qui leur a été inculquée, Ismène va devoir percer le secret qui menace son clan.


 6. Une éducation catholique, Catherine Cusset, Gallimard

 

"Remarque, je la comprends. C'est plus amusant de lire un roman que d'aller à la messe."
Papa, furieux, se retourne contre maman et l'accuse de saper les fondements de ma foi. Elle rétorque qu'elle n'a rien dit de mal, que de toute façon chacun est libre de penser comme il veut, et que je suis bien capable de juger par moi-même ce qui, de la lecture d'un roman ou de la messe, est le plus amusant.
"Elle n'a qu'à rester à la maison! hurle papa. Puisque c'est comme ça, j'irai seul!"
Vite je ferme mon livre, je me lève, je mets mon manteau, je suis papa.»

Marie, la narratrice de La haine de la famille et d'Un brillant avenir, raconte ici les rapports qu'elle a entretenus avec la religion au cours de son enfance et de sa jeunesse, entre un père croyant et une mère athée. Elle évoque la naissance du désir à travers des passions successives, et la découverte de l'amour, vécu d'abord comme une crucifixion, puis comme une rédemption. 

7. Un été en famille, Arnaud Delrue, Seuil
 1er roman !



La sœur de Philippe, le narrateur, s’est suicidée. On l’enterre. Il y a la mère, et Marie, la petite sœur collégienne. Et Paul, l’oncle, ami de Duval, le médecin installé avec sa famille dans une belle propriété au bord du lac. La vie reprend ses droits. Philippe noue une relation avec une jeune collègue de travail, il voit son meilleur ami, Basile. Tout semble paisible. Mais en fait, non. On ressent dès les premières pages un malaise. Cette famille est plus mystérieuse qu’il n’y paraît. Quelle relation Philippe entretenait-il avec sa sœur ? De quelle maladie celle-ci était-elle atteinte ? Pourquoi le narrateur s’adresse-t-il à Marie, dans ce qui ressemble à une longue confession, ou une dernière tentative pour renouer les fils du destin ? L’étrangeté des situations grandit au fil des pages d’un récit admirablement construit et entrecoupé de magnifiques descriptions des paysages français dans une traversée du territoire vers le sud et l’Espagne, en camionnette, comme une fuite sans espoir.

L'auteur : Né en 1980, Arnaud Delrue est aussi photographe. Son œuvre questionne l'identité et le genre à travers des mises en scène où l'autoportrait fait jouer les codes du féminin et du masculin. Un été en famille est son premier roman.